Adrian Meronk vainqueur de l’Alfred Dunhill Links Championship 2026 à St AndrewsAdrian Meronk remporte l’Alfred Dunhill Links Championship 2026 à St Andrews et signe sa cinquième victoire sur le DP World Tour, 1 078 jours après la précédente.

Adrian Meronk n’avait plus gagné sur le DP World Tour depuis le 22 octobre 2023. À St Andrews, le Polonais a mis fin à 1 078 jours d’attente en remportant l’Alfred Dunhill Links Championship, son cinquième titre sur le circuit. Dix ans après avoir disputé dans ce même tournoi sa première épreuve comme professionnel, il passe surtout de la 141e à la 38e place de la Race to Dubai. Pour un joueur engagé sur LIV Golf dont les conditions de participation au DP World Tour pourraient changer en 2027, ce bond dépasse largement la valeur d’un trophée supplémentaire.

De la 141e à la 38e place en quatre jours

Pour mesurer l’importance de cette victoire, le classement d’Adrian Meronk avant le tournoi est probablement plus instructif que son palmarès. Le Polonais abordait l’Alfred Dunhill Links Championship à la 141e place de la Race to Dubai. Il en ressort 38e avec 1 086,86 points, soit un déplacement de 103 positions en quatre jours. À ce moment de la saison, la différence est considérable. Le Dunhill constituait la quatrième étape du Back 9, cette séquence qui précède les deux tournois des DP World Tour Play-Offs. Les 70 premiers joueurs éligibles à son terme accèdent à Abu Dhabi ; surtout, le top 100 final de la Race to Dubai obtient la catégorie 10 pour 2027, qui permet de disputer presque l’intégralité du calendrier. Meronk était 41 places à l’extérieur de ce seuil en arrivant en Écosse. Il se retrouve désormais 62 places à l’intérieur. Sa victoire ne se résume donc pas aux points supplémentaires qu’elle apporte. Elle change brutalement la nature de sa fin de saison.

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Deux coups de retard et deux parties différentes

Le dimanche permet aussi de comprendre comment Meronk a construit cette victoire. Après des cartes de 71, 66 et 63, il abordait la finale avec deux coups de retard sur Casey Jarvis. Les deux hommes n’étaient pas associés : Meronk évoluait dans l’avant-dernière partie et le Sud-Africain dans la dernière. Cette configuration a produit une course-poursuite assez particulière.

Meronk a commencé par deux birdies consécutifs, dont un putt d’environ 10,5 mètres au premier trou, pour revenir immédiatement à hauteur. Jarvis a repris seul la tête avec un birdie au 4, avant que les deux hommes ne gagnent encore un coup sur le par 5 du 5. Meronk a ensuite concédé un bogey au 7, mais son birdie au 9 a coïncidé avec un trois-putts de Jarvis sur le même trou. À neuf trous de la fin, ils étaient de nouveau à égalité. Le tournant s’est produit deux trous plus tard. Jarvis a manqué le green du par 3 du 11 et n’a pas réussi à sauver son par. Devant lui, Meronk a placé son approche du 12 à environ 3,3 mètres avant de rentrer le putt. En quelques minutes, un score à égalité était devenu deux coups d’avance pour Meronk.

Le 14 lui donne de l’air, le Road Hole en reprend une partie

Un nouveau birdie au 14 a porté l’avance de Meronk à trois coups. Jarvis a répliqué au 15 en rentrant depuis l’extérieur du green et l’écart est revenu à deux. Puis St Andrews a encore offert une possibilité de renversement au 17. Meronk a envoyé son deuxième coup au-delà du green du célèbre Road Hole. Sa balle s’est immobilisée sur une étroite bande d’herbe entre le chemin et la route et il n’a pas réussi à sauver son par. Mais Jarvis, qui arrivait derrière lui, a lui aussi fait bogey au 17.

Meronk pouvait donc traverser le Swilcan Bridge avec deux coups d’avance avant de jouer le 18. C’est à cet instant qu’il a expliqué avoir pensé à Tiger Woods et Jack Nicklaus, deux champions intimement associés à l’histoire de ce pont et de St Andrews, en cherchant symboliquement auprès d’eux « de bonnes ondes » pour terminer. Il a ensuite assuré le par nécessaire pour conclure. Sa carte dominicale comportait ainsi six birdies — 1, 2, 5, 9, 12 et 14 — et deux bogeys, aux 7 et 17 : quatre coups gagnés sur le par.

Dix ans après ses débuts professionnels

La géographie de cette victoire ajoute une autre dimension à l’histoire. En 2016, Adrian Meronk avait effectué à l’Alfred Dunhill Links Championship sa première apparition professionnelle sur le DP World Tour. Dix ans plus tard, il y remporte son cinquième titre. Entre les deux, le Polonais est devenu le premier joueur de son pays à gagner sur le DP World Tour. Ses quatre premiers succès sont arrivés à l’Irish Open 2022, à l’Australian Open 2022, à l’Italian Open 2023 puis à l’Andalucía Masters le 22 octobre 2023. Il a également été désigné joueur de l’année du DP World Tour en 2023 avant de rejoindre LIV Golf. Depuis l’Andalucía Masters, 1 078 jours s’étaient écoulés sans nouvelle victoire sur le circuit européen.

La période avait fini par peser. Après son succès à St Andrews, Meronk a expliqué qu’il avait traversé une année difficile et souligné la rapidité avec laquelle une situation sportive pouvait se retourner. Son émotion à l’arrivée — il reconnaissait ne presque jamais pleurer — disait assez ce que représentait cette victoire.

Une situation sportive transformée, une question LIV qui demeure

C’est ici qu’il faut distinguer deux sujets que le classement final pourrait facilement confondre. Sur le plan sportif, St Andrews change radicalement la situation de Meronk. Son passage de la 141e à la 38e place le replace non seulement à l’intérieur du top 100 déterminant pour le statut 2027, mais également provisoirement dans le top 70 qui ouvre la porte du premier tournoi des Play-Offs à Abu Dhabi. Cela ne signifie pas pour autant que la question de son activité européenne en 2027 soit entièrement réglée.

Meronk évolue également sur LIV Golf et son statut doit donc être distingué de ses seuls résultats sportifs. Ce qu’il vient de faire à St Andrews est néanmoins essentiel : quelle que soit l’évolution réglementaire entre les deux circuits, il n’a plus besoin de compter uniquement sur une dérogation ou sur une autre voie pour justifier sportivement sa place dans la hiérarchie européenne. Il a remis ses résultats au centre de l’équation.

Meronk gagne aussi le Pro-Am

La semaine s’est même terminée avec un deuxième trophée. Associé à Tom Chaplin, chanteur du groupe Keane, Meronk a remporté le classement par équipes du Pro-Am avec un total de -41. Le DP World Tour confirme qu’il devient ainsi seulement le troisième joueur en 25 éditions à réussir le doublé individuel-équipe, après Pádraig Harrington — en 2002 et 2006 avec JP McManus — et Matt Fitzpatrick en 2024 avec sa mère Sue. Ce résultat rappelle la singularité du Dunhill, mais il ajoute surtout une ligne inhabituelle à une semaine qui en comportait déjà beaucoup : première victoire depuis près de trois ans, cinquième titre européen, retour spectaculaire dans la Race to Dubai et deux trophées remportés le même dimanche.

Une porte rouverte, pas encore un avenir réglé

La différence entre Adrian Meronk jeudi matin et Adrian Meronk dimanche soir tient finalement en quelques chiffres : 141e devient 38e ; 1 078 jours deviennent zéro ; quatre victoires sur le DP World Tour deviennent cinq. Sa victoire ne résout pas pour autant toutes les questions. Le Polonais appartient aux joueurs engagés sur LIV Golf dont les conditions permettant de concilier les deux circuits constituent toujours un dossier distinct de leur classement sportif. C’est précisément pourquoi il serait excessif de présenter St Andrews comme la garantie définitive de son calendrier européen 2027. Mais Meronk vient d’éliminer une incertitude essentielle : celle de son niveau et de sa position sportive.

Dix ans après avoir commencé sa carrière professionnelle au Dunhill, il n’a pas attendu que le DP World Tour ou LIV Golf décident seuls de ce que serait la suite. À St Andrews, Adrian Meronk a rouvert lui-même sa porte européenne.

Par Laurent Agostini

Journaliste spécialisé golf depuis 2010, Laurent Agostini est le fondateur de MyGolfMedia, média indépendant publié en huit langues. Il couvre le PGA Tour et le DP World Tour, et s'intéresse avant tout à ce que les données disent vraiment : tests de matériel, biomécanique du swing, statistiques des circuits, destinations de golf. Il est l'auteur de « Tiger Woods, l'homme aux deux visages » (Solar, 2018) et de la série « Penser avant de swinguer », dont le premier tome s'est classé n°1 des livres de golf sur Amazon France en 2026. Sa ligne éditoriale : indépendant, factuel, utile. Pas de communiqués recopiés, pas de promesses marketing reprises sans vérification.

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