Pendant vingt ans, les fabricants ont cherché à faire aller les fers plus loin. Faces plus fines, structures creuses, poids déplacés, lofts fermés, tungstène et, désormais, calculs assistés par intelligence artificielle : tout concourt à transformer davantage de vitesse de club en vitesse de balle. Avec ses nouveaux ZXi, Srixon poursuit cette logique, notamment avec le ZXi5+, nouveau venu aux côtés des ZXi5 et ZXi7. Mais un fer n’est pas un driver. Sa première mission n’est pas d’aller loin. Elle est d’aller à la bonne distance.
C’est ce qui rend ce lancement plus intéressant qu’une simple succession de nouveautés technologiques. Les premiers essais indépendants ne permettent pas d’affirmer que les nouveaux Srixon vont « trop loin » ou qu’ils produisent des distances irrégulières. Ils mettent en revanche en évidence une faiblesse dans notre manière d’évaluer les fers : nous mesurons abondamment la vitesse de balle, le carry moyen ou la capacité à conserver de la vitesse sur un impact décentré, beaucoup moins la prévisibilité de la distance obtenue. Or, pour attaquer un green, cette dernière donnée est essentielle.

ZXi7, ZXi5 et ZXi5+ : Srixon redessine sa gamme
Srixon renouvelle les ZXi7 et ZXi5 et introduit le ZXi5+. Le ZXi4 n’est pas supprimé : il reste disponible, mais n’est pas renouvelé dans cette génération. Le ZXi5+ n’est pas davantage un ZXi4 simplement rebaptisé. Sa tête est plus compacte et son positionnement différent. La hiérarchie devient ainsi plus lisible : le ZXi7 reste destiné au joueur recherchant une tête compacte et davantage de contrôle, le ZXi5 occupe désormais le segment « player’s performance », tandis que le ZXi5+ se place dans la catégorie « player’s distance ».
Cette évolution est intéressante parce que le précédent ZXi5 se situait déjà à la frontière de plusieurs catégories. Performant dans les tests de MyGolfSpy, il n’était pourtant pas un pur fer de distance. Le ZXi5+ assume désormais cette fonction avec un fer 7 de 29,5°, contre 31° pour le ZXi5 et 32° pour le ZXi7. Sa construction associe notamment un corps forgé S20C à une face SUP10 et au MainFrame iQ, une architecture d’épaisseur variable optimisée à partir de simulations. Selon Srixon, cette technologie permet de retirer jusqu’à 8 % de masse de la face pour favoriser flexion, vitesse et tolérance.
La commercialisation est annoncée à partir du 16 octobre. Les tarifs communiqués dans les sources consultées sont de 1 099 £ pour six fers au Royaume-Uni et 1 499,99 $ pour sept fers aux États-Unis. Au moment de la rédaction de cet article, nous n’avons pas identifié de tarif public français suffisamment fiable pour le publier. Plutôt que de convertir artificiellement les prix étrangers, cette information pourra être complétée lorsque le prix conseillé pour la France sera disponible.
Le ZXi5+ remplit parfaitement sa mission
Dans son essai, Michael Newton constate logiquement davantage de vitesse avec le ZXi5+. En passant au ZXi5 à 31°, la trajectoire monte légèrement et la vitesse de balle diminue ; le spin, lui, ne progresse réellement qu’avec le ZXi7, autour de 5 700 tr/min contre un peu moins de 4 900 tr/min en moyenne avec les ZXi5+ et ZXi5. À première vue, la gamme fonctionne donc comme Srixon l’a conçue : trois têtes relativement proches visuellement, mais trois propositions différentes en matière de puissance, de trajectoire et de contrôle.
Une autre donnée change pourtant la lecture. MyGolfSpy a testé le ZXi5+ autour de 77 mph de vitesse de club, une vitesse beaucoup plus représentative de nombreux amateurs que celle d’un joueur très rapide. Le résultat est impressionnant : environ 114 mph de vitesse de balle, soit un smash factor de 1,48. Mais le fer produit parallèlement environ 4 100 tr/min de spin et seulement 43° d’angle de descente. MyGolfSpy estime qu’il faudrait environ 700 à 1 000 tr/min supplémentaires et souligne que la balle risque de davantage rouler sur des greens fermes.
Le problème n’est donc pas que le ZXi5+ soit long : il est précisément conçu pour cela. La question est de savoir ce que coûte éventuellement cette distance au joueur qui ne possède pas suffisamment de vitesse pour produire simultanément hauteur et spin. Chez Newton, les angles de descente se rapprochent de 49 à 50°. Ces mesures ayant été réalisées par des testeurs différents, avec des balles, des appareils et des conditions qui ne sont pas nécessairement identiques, elles ne constituent pas une comparaison scientifique directe. Elles montrent néanmoins pourquoi le même fer doit être évalué en fonction du joueur qui le frappe plutôt qu’à partir d’une valeur de distance universelle.
Plus de loft ne signifie pas automatiquement moins de distance
Les mesures de Guy Charnock compliquent encore la lecture. Dans son essai, le fer 7 ZXi7 à 32° porte autour de 182 yards, davantage que le ZXi5 à 31°, mesuré autour de 179 yards. Avec les fers 5, le ZXi5 dépasse également le ZXi5+. La hiérarchie des distances ne reproduit donc pas systématiquement celle des lofts.
Il n’y a rien d’anormal à cela. Le loft statique n’est qu’une composante du résultat. Vitesse de balle, loft dynamique présenté à l’impact, localisation et qualité du contact, lancement et spin interviennent simultanément. Comparer deux fers en constatant simplement que l’un porte cinq yards plus loin que l’autre renseigne finalement assez peu sur leur efficacité réelle. Un fer 7 de 170 yards n’est pas nécessairement meilleur qu’un fer 7 de 165 yards : il est simplement allé cinq yards plus loin dans les conditions de cet essai, avec ce joueur et ces impacts.
L’ancien ZXi5 avait déjà posé une question intéressante
Guy Charnock avait joué les précédents ZXi5 avant de les retirer de son sac. Il explique avoir parfois constaté des distances supérieures à celles qu’il attendait et cite notamment un fer 8 parti environ 20 yards trop loin après un coup tiré et délofté. Cette expérience concerne l’ancienne génération et ne peut donc pas être utilisée pour accuser les nouveaux ZXi5 ou ZXi5+ de reproduire le même phénomène.
Lors de son essai du ZXi5+, Charnock frappe néanmoins un fer 7 autour de 190 yards de carry alors que le coup ne lui paraît pas parfait. Avec environ 5 400 tr/min de spin, rien ne permet de parler d’un « flyer » provoqué par un effondrement de la rotation. Sur le moment, Charnock relève d’ailleurs cette distance comme un point négatif. Mais il précise à la fin de son essai qu’il n’a pas beaucoup retrouvé avec cette nouvelle génération le problème de distance qui l’avait gêné avec ses anciens ZXi5. L’essai ne démontre donc aucune irrégularité particulière du nouveau ZXi5+. Il pose en revanche une question beaucoup plus intéressante : comment pourrait-on réellement la mesurer ?
Le chiffre qui manque : la dispersion en profondeur
Les essais fournissent la vitesse de balle, le spin, le lancement, le carry et l’angle de descente. Certains permettent également d’observer ce qui arrive sur un contact décentré. Il manque pourtant souvent une donnée essentielle pour évaluer un fer : la dispersion longitudinale de l’ensemble des coups. Une moyenne de 160 mètres ne dit pas si dix balles sont tombées entre 157 et 163 mètres ou entre 151 et 169 mètres. Pour attaquer un green, ces deux fers ne rendent évidemment pas le même service.
Imaginons un premier fer qui perd systématiquement douze mètres sur un mauvais contact et un second dont les erreurs oscillent entre trois mètres trop court et huit mètres trop long. Le premier paraît moins tolérant si l’on mesure uniquement la perte de vitesse sur les mauvais impacts. Pourtant, son comportement est plus prévisible. Avec un bunker devant le green et de l’eau derrière, cette différence devient beaucoup plus importante qu’un ou deux mph de vitesse de balle.
La tolérance ne devrait donc pas seulement mesurer combien de distance un mauvais contact fait perdre. Elle devrait également renseigner sur l’incertitude qu’il crée autour de la distance recherchée. C’est là que la dispersion en profondeur devient un critère majeur, et pourtant rarement mis en avant dans les tests de matériel.
Ce qu’il faudrait regarder pendant un fitting
La question traditionnelle « combien je fais avec ce fer 7 ? » est insuffisante. La meilleure balle de la séance l’est encore davantage. Un fitting devrait permettre d’observer le carry moyen ou médian, mais aussi l’écart entre les distances obtenues, le comportement du club sur les contacts moins centrés, le spin, la hauteur et l’angle de descente. C’est l’ensemble de ces informations qui permet de déterminer si les mètres supplémentaires sont réellement utilisables.
Le ZXi5+ en fournit un excellent exemple. À 77 mph, produire 114 mph de vitesse de balle est remarquable. Mais si cette performance s’accompagne de seulement 43° d’angle de descente et d’environ 4 100 tr/min, le joueur doit se demander ce qu’il recherche réellement. Pour celui qui manque de distance et évolue sur des greens relativement souples, le compromis peut parfaitement fonctionner. Pour un autre joueur, quelques yards supplémentaires ne compenseront pas nécessairement une balle plus difficile à arrêter. À vitesse supérieure, comme le montre Newton, le même club peut produire une trajectoire nettement plus favorable.
Le ZXi7 n’est pas automatiquement la solution
Il serait tentant d’en déduire que le ZXi7 résout le problème grâce à ses 32° de loft, sa tête plus compacte et son positionnement davantage orienté vers le contrôle. Sa construction i-Forged, son PureFrame iQ, ses rainures progressives et la traditionnelle Tour V.T. Sole de Srixon vont effectivement dans cette direction. Cela ne garantit pourtant pas que tous les joueurs produiront suffisamment de hauteur et de spin.
Dan Box, chez Golfalot, explique justement être un joueur produisant naturellement peu de spin et exprime une réserve à ce sujet avec le ZXi7, notamment lorsque les greens deviennent fermes en été. Il apprécie en revanche le comportement de la Tour V.T. Sole dans le sol. Le ZXi7 est donc le modèle le plus orienté vers le contrôle parmi ces trois fers, mais il ne produira pas automatiquement les conditions de vol idéales pour chaque swing. Le joueur reste une composante essentielle du système.
Un combo set se construit avec des distances, pas avec des noms
La proximité des différents modèles ouvre naturellement la possibilité de composer une série mixte. Michael Newton souligne notamment la cohérence des lofts dans les longs fers, qui doit faciliter le passage d’une tête à l’autre. Mais les caractéristiques publiées montrent aussi pourquoi une combinaison ne doit jamais être décidée uniquement à partir du nom des modèles : selon les lofts publiés par Today’s Golfer, le fer 6 du ZXi5 est à 27° tandis que le fer 7 du ZXi7 est à 32°. La jonction créerait donc un écart de cinq degrés, contre quatre degrés entre les mêmes numéros dans une série ZXi7 complète.
Cela ne signifie pas que cette combinaison serait nécessairement mauvaise : cinq degrés de loft ne permettent pas à eux seuls de prédire l’écart de carry. Mais c’est précisément le problème. Deux clubs dont les lofts semblent correctement espacés peuvent produire des distances trop proches, tandis qu’une transition plus importante peut fonctionner chez un autre joueur. Un combo set ne se construit pas avec des noms de modèles, ni même uniquement avec des lofts. Il se construit avec les distances réellement mesurées chez le joueur.
Faut-il remplacer ses anciens ZX7 ou ZXi7 ?
Sur ce point, les premiers essais permettent une réponse plus simple : probablement pas si vos fers actuels correspondent déjà correctement à votre jeu. Golfalot considère que les évolutions du nouveau ZXi7 relèvent davantage du raffinement que d’une transformation radicale et ne voit pas de raison évidente pour un possesseur du précédent ZXi7, voire d’un ZX7, de se précipiter pour changer.
Une nouvelle génération peut être meilleure sans rendre automatiquement mauvaise celle qu’elle remplace. Srixon affine ici une formule déjà reconnue, avec sa construction forgée, la Tour V.T. Sole, le travail sur le toucher et la répartition des masses auxquels viennent s’ajouter les optimisations PureFrame ou MainFrame. Pour celui qui recherche aujourd’hui de nouveaux fers, les ZXi méritent incontestablement un essai. Pour celui qui possède une génération récente parfaitement adaptée, la justification du remplacement est beaucoup moins évidente.
La distance est facile à vendre, la prévisibilité beaucoup plus difficile à mesurer
Les nouveaux Srixon ZXi illustrent finalement assez bien l’évolution actuelle du marché. Le ZXi5+ transforme remarquablement la vitesse disponible en vitesse de balle, le ZXi5 recherche un compromis entre assistance et profil de joueur, tandis que le ZXi7 privilégie davantage le toucher et le contrôle. Aucun de ces positionnements ne permet pourtant de déterminer à lui seul quel sera le meilleur fer pour un joueur.
Un ZXi5+ qui permet de gagner dix yards tout en conservant suffisamment de hauteur, de spin et une dispersion en profondeur réduite peut constituer un excellent choix. Le même club peut être beaucoup moins pertinent si les mètres supplémentaires s’accompagnent d’une trajectoire trop tendue et d’une balle difficile à arrêter. À l’inverse, choisir automatiquement le ZXi7 parce qu’il possède davantage de loft ne garantit ni le spin ni la hauteur recherchés.
C’est pourquoi la distance du fer 7 est devenue un faux diagnostic, une question également développée dans Penser avant de swinguer – Tome 2, ouvrage de l’auteur de cet article. Lors d’un prochain essai, il est plus instructif de regarder dix ou quinze balles que de retenir la meilleure. Il faut observer la dispersion en profondeur et ce qui arrive au spin, à la hauteur et à l’angle de descente lorsque le contact se dégrade. Le meilleur fer n’est pas celui qui produit votre balle la plus longue. C’est celui qui réduit l’incertitude autour de la suivante.
Note : les distances issues des essais anglophones sont conservées en yards afin de respecter les mesures originales. Les exemples pédagogiques exprimés en mètres dans cet article sont fictifs.
Sources
Srixon / présentation de la gamme ZXi 2027 — caractéristiques et positionnement des ZXi5+, ZXi5 et ZXi7, construction Endo, i-Forged et MainFrame iQ. Srixon Is Launching Its 2027 ZX… Srixon Is Launching Its 2027 ZX… Srixon Is Launching Its 2027 ZX…
Michael Newton Golf — essai comparatif des nouveaux Srixon ZXi5+, ZXi5 et ZXi7 : lofts, vitesses de balle, spin, angles de descente et possibilités de combinaison entre les modèles. New_Srixon_ZXi5__ZXi5_ZXi7_Iron…retour d’expérience sur les distances obtenues avec la précédente génération ZXi5.
Golfalot / Dan Box — essai du nouveau ZXi7, comportement de la Tour V.T. Sole, réserves concernant le spin et intérêt limité d’un remplacement pour les possesseurs des générations récentes. Srixon ZXi7 2026 Irons Review
MyGolfSpy — présentation de la gamme 2027 et données d’essai du ZXi5+ à 77 mph : vitesse de balle, spin, angle de descente et analyse du positionnement du modèle.
Today’s Golfer — caractéristiques de loft des nouveaux ZXi utilisées pour examiner les conséquences possibles d’un combo set.
