Srixon ZXi RKT 2026 : les trois drivers Standard, LS et Max comparés dans l'analyse MyGolfMedia.Srixon ZXi RKT 2026 : trois modèles, Standard, LS et Max, dont les performances varient selon le spin, le loft et la vitesse de swing.

Avec sa nouvelle face VR-Titanium, Srixon promet un driver plus rapide et plus performant. Pourtant, le comparatif direct avec le ZXi 2025 ne révèle aucun gain de vitesse de balle. Il met en évidence une réduction du spin, quelques yards supplémentaires et surtout des distances nettement plus régulières. En croisant les résultats de sept essais publiés dans la presse spécialisée et sur YouTube, une autre lecture du ZXi RKT se dessine : son intérêt pourrait moins résider dans la puissance maximale que dans la capacité à reproduire de bons coups.

Srixon cherche toujours à convaincre avec ses drivers

Srixon occupe une position singulière sur le marché du matériel de golf. La marque bénéficie d’une solide réputation pour ses balles et ses fers, notamment auprès des joueurs expérimentés, mais ses drivers peinent encore à obtenir la même reconnaissance. Ce décalage ne signifie pas que ses bois sont techniquement inférieurs à ceux des marques dominantes. Il traduit surtout la difficulté de s’imposer dans une catégorie où les habitudes des consommateurs, la visibilité des joueurs professionnels et la puissance commerciale comptent presque autant que les performances mesurées.

Avec la famille ZXi RKT, Srixon entend franchir une nouvelle étape. Le discours du fabricant met en avant une face plus rapide, une restitution d’énergie améliorée et une architecture interne retravaillée. Trois têtes composent la gamme : le ZXi RKT standard, le LS et le Max. Elles partagent une même ambition de performance, mais proposent des comportements différents en matière de lancement, de spin et de tolérance. Pour comprendre ce que cette nouvelle génération apporte réellement, il faut dépasser la présentation des technologies et examiner les résultats obtenus par des testeurs aux profils variés.

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Une nouvelle face, mais pas une technologie entièrement nouvelle

La principale nouveauté annoncée par Srixon concerne le VR-Titanium, un alliage de titane enrichi en silicium qui permet d’amincir la face. Associé à une nouvelle génération d’i-Flex, il doit favoriser une déformation plus efficace à l’impact et améliorer la restitution de l’énergie à la balle. Le Rebound Frame évolue également, avec deux zones de flexion au lieu d’une, destinées à préserver la vitesse de balle sur les frappes décentrées. Sur le papier, l’objectif est cohérent : obtenir davantage de vitesse sans limiter le bénéfice aux seules frappes parfaitement centrées.

Il serait toutefois exagéré de présenter l’ensemble comme une rupture technologique. L’i-Flex et le Rebound Frame existaient déjà dans l’univers Srixon. Le Variable Roll Design, qui fait varier la courbure verticale de la face pour mieux contrôler les trajectoires selon la hauteur de l’impact, relève lui aussi d’une logique connue dans l’industrie. MyGolfSpy rapproche d’ailleurs son principe de celui du Twist Face de TaylorMade : « If that sounds like « Twist Face » to you, you’re not wrong. » Srixon ne réinvente donc pas le fonctionnement d’un driver moderne ; la marque cherche à améliorer l’interaction entre plusieurs technologies dont les principes sont déjà établis.

La géométrie des têtes évolue aussi. Selon MyGolfSpy, les modèles standard et LS sont plus courts d’avant en arrière que leurs prédécesseurs de 2025, tandis que le Max s’allonge au contraire pour privilégier la stabilité. Les trois faces gagnent en hauteur, un choix qui peut intéresser les joueurs dont le point de contact varie verticalement. Enfin, Srixon introduit Acousticore, un ensemble de nervures internes conçues à l’aide d’outils d’intelligence artificielle pour travailler les vibrations et la sonorité à l’impact. Cette innovation ne modifie pas directement les chiffres de distance, mais elle touche à une dimension importante de l’appréciation d’un club : la sensation qu’il procure.

La vitesse de balle : une promesse qui reste à démontrer

Le résultat le plus instructif provient de Golfalot. George Stead a comparé le nouveau ZXi RKT standard au ZXi de génération précédente à l’aide d’un launch monitor Foresight GCQuad. La vitesse de balle moyenne est passée de 154,3 mph avec le modèle 2025 à 153,9 mph avec le RKT. Son constat est sans détour : « The ball speed was basically identical. » L’écart de 0,4 mph est insignifiant et ne permet certainement pas de parler d’un gain de vitesse. Le résultat a d’autant plus de poids que la communication autour de cette nouvelle génération insiste précisément sur la rapidité de sa face.

Les autres essais donnent une image favorable des capacités du club, sans contredire ce constat. Chez MyGolfSpy, John Barba a enregistré entre 133 et 136 mph de vitesse de balle pour une vitesse de club proche de 91 mph, soit un smash factor calculé compris entre environ 1,46 et 1,49. Il précise toutefois que ses essais sont « unofficial » et « informal ». Chez Plugged In Golf, Andy Hayes a dépassé les 160 mph avec un smash factor voisin de 1,50. Ces résultats montrent que le RKT peut produire une restitution d’énergie très efficace entre les mains des joueurs concernés. Ils ne démontrent cependant aucune progression par rapport au ZXi 2025, puisque ces deux essais ne reposent pas sur une comparaison directe avec l’ancien modèle.

Cette distinction est essentielle. Un driver capable de produire une vitesse de balle élevée n’est pas nécessairement plus rapide que son prédécesseur. Les valeurs absolues dépendent largement de la vitesse de swing, de la qualité de contact et de l’adéquation du matériel au joueur. À ce stade, la nouvelle face VR-Titanium apparaît donc performante, mais son avantage sur la génération précédente n’est pas établi. Pour trouver une évolution réellement mesurable, c’est ailleurs qu’il faut regarder.

Moins de spin, davantage de distance et une régularité remarquable

Toujours chez Golfalot, le spin moyen passe de 3 073 tr/min avec le ZXi 2025 à 2 423 tr/min avec le RKT, soit une diminution de 650 tr/min. La hauteur maximale de trajectoire recule parallèlement de 96,5 à 80,8 pieds (de 29 à 25 mètres environ). Malgré une vitesse de balle pratiquement identique, le carry progresse de 251,2 à 256 yards (de 230 à 234 mètres environ), tandis que la distance totale passe de 270,7 à 277,3 yards (de 248 à 254 mètres environ). Autrement dit, le nouveau driver ne propulse pas la balle plus vite, mais il exploite différemment cette vitesse grâce à des conditions de lancement moins chargées en spin.

Ce résultat illustre une réalité souvent masquée par la course aux nouvelles faces : la distance ne dépend pas uniquement de la vitesse de balle. Un joueur qui produit trop de spin peut gagner plusieurs yards en optimisant sa trajectoire, sans accélérer son swing et sans modifier la vitesse à l’impact. Dans le cas de George Stead, la réduction du spin semble avoir constitué le principal levier d’amélioration. On ne peut pas en déduire que 2 423 tr/min représentent une valeur idéale pour tous les golfeurs. Un joueur qui lance déjà la balle trop bas, ou dont le spin est insuffisant, pourrait obtenir un résultat inverse avec le même changement.

Mais l’évolution la plus frappante concerne la régularité. Selon George Stead, la dispersion du carry passe de 9 à 3 yards avec le RKT, et celle de la distance totale de 9,9 à 4 yards. Les coups enregistrés avec le nouveau driver se sont donc regroupés dans une plage beaucoup plus étroite. Pour un golfeur qui cherche à mieux anticiper son deuxième coup, cette prévisibilité peut représenter un avantage plus intéressant que quelques yards supplémentaires sur son meilleur drive. George Stead le résume ainsi : le progrès vient d’une « tighter dispersion and more consistent spin rather than lots of extra speed ».

Ces valeurs doivent néanmoins être lues avec prudence. Golfalot ne précise pas sa méthode de calcul. Elles semblent décrire l’écart entre les distances obtenues plutôt que la dispersion latérale des balles, et un driver peut envoyer ses coups à des distances très proches tout en les répartissant largement de part et d’autre du fairway. Par ailleurs, les conditions exactes de configuration des deux générations, notamment le shaft et le réglage de loft du modèle 2025, ne sont pas détaillées. Il n’est donc pas possible d’attribuer l’ensemble du progrès à la seule nouvelle tête. Le constat demeure remarquable pour ce testeur, mais il ne constitue pas une preuve générale de supériorité.

L’essai d’Andy Hayes apporte un éclairage complémentaire. Chez Plugged In Golf, il résume son avis en une phrase : le ZXi RKT est « the fastest and straightest driver I have ever used ». Ses données montrent un spin proche de 2 600 tr/min sur les frappes centrées, qui reste au-dessus de 2 000 tr/min sur ses frappes en pointe habituelles. Hayes observe également des courbures latérales bien moins importantes qu’auparavant : « Shots that in the past would curve 20 yards were now curving only 5. » Son enthousiasme est réel, puisqu’il a placé le club dans son sac dès la fin de l’essai.

La discussion publiée sous son article contient toutefois une précision révélatrice. Lorsqu’un lecteur s’étonne de la dispersion observée, Matt Saternus, fondateur du site, lui répond : « Don’t give the driver all the credit, Andy is the best player here! » Hayes réplique : « I may be the best player here – but this was the straightest driver I’ve hit. » Les deux observations sont compatibles. La comparaison de Hayes avec ses propres drivers est valable pour lui. Ce qui ne l’est pas, c’est de transposer automatiquement ses résultats à un golfeur d’index 18 ou 25.

Un détail de son expérience mérite d’ailleurs l’attention. Hayes explique avoir multiplié les contacts en pointe avant de remarquer que le logo « S » utilisé comme repère d’alignement sur la couronne n’était pas placé au centre géométrique de la face, mais légèrement vers le talon. Ce type de particularité peut influencer la façon dont un joueur positionne sa tête de club derrière la balle. Dans un fitting, un changement d’alignement peut parfois modifier les résultats autant qu’un réglage de loft.

Trois têtes, trois comportements : le choix ne se résume pas à la vitesse de swing

La gamme ZXi RKT comprend trois modèles dont les appellations suggèrent une répartition classique : le standard pour la polyvalence, le LS pour réduire le spin et le Max pour augmenter la tolérance. Les essais montrent pourtant que cette classification ne suffit pas à choisir correctement son driver. Une même tête peut produire des résultats très différents selon le loft, la répartition des masses et les caractéristiques du joueur. Le cas du LS est révélateur : son comportement change sensiblement d’un test à l’autre, au point de remettre en question l’idée selon laquelle il serait systématiquement réservé aux joueurs très rapides.

Rick Shiels a comparé les trois modèles avec un même shaft et un loft réglé à 9°. À une vitesse de swing voisine de 112 à 115 mph, il obtient environ 2 200 tr/min avec le standard, 2 000 tr/min avec le LS et 2 600 tr/min avec le Max. Le LS produit les distances les plus importantes sur ses meilleures frappes, tandis que le Max offre la dispersion latérale la plus resserrée, au prix d’une dizaine de yards de carry en moins. Le standard occupe une position intermédiaire. Michael Newton retrouve une hiérarchie comparable, avec environ 2 300 tr/min pour le standard, 2 171 pour le LS et 2 800 pour le Max. Ces deux essais illustrent les différences de conception recherchées par Srixon, mais ils montrent aussi que quelques centaines de tours par minute peuvent séparer des têtes testées avec un loft affiché identique.

Repères de spin relevés dans les différents essais (tr/min)

EssaiStandardLSMax
Golfalot, GCQuad (tête standard)2 423——
Plugged In Golf, tête 9°, frappes centrées≈ 2 600——
Rick Shiels, trois têtes réglées à 9°≈ 2 200≈ 2 000≈ 2 600
Michael Newton (standard et Max réglés à 9°)≈ 2 3002 171≈ 2 800
Golfshake, vitesse habituelle (≈ 117 mph)2 3692 4633 838
Golfshake, vitesse réduite (≈ 85 mph)2 2761 4412 111

Ces valeurs proviennent de joueurs et de protocoles différents. Elles illustrent des comportements observés, mais ne constituent pas un classement des trois têtes. Chez Golfshake, les lofts n’étaient pas identiques : 8° pour le LS, 9° pour le standard et 12° réglé à 10,5° pour le Max, ce qui explique en partie le spin élevé de ce dernier à vitesse habituelle.

L’essai de Golfshake est le plus complet sur ce point, car il compare les trois têtes à deux vitesses de swing. À sa vitesse habituelle, environ 117 mph, le testeur obtient un résultat qui bouscule les étiquettes : le LS tourne légèrement plus que le standard (2 463 contre 2 369 tr/min). Il lance en revanche beaucoup plus bas (9,6° contre 12,3°) et produit la vitesse de balle la plus élevée (174,3 mph), pour une distance totale quasi identique, 317,4 contre 315,7 yards. C’est le lancement, plus que le spin, qui distingue ici les deux têtes. Le Max, lui, monte à 3 838 tr/min et 158 pieds de hauteur maximale, pour seulement 276,7 yards au total : à cette vitesse, et avec ce loft, il est clairement hors de sa cible.

Le tableau s’inverse lorsque la vitesse descend à environ 85 mph. Le LS tombe alors à 1 441 tr/min, culmine à 30 pieds et ne dépasse pas 167,1 yards de carry pour 205,7 yards au total : la balle ne tient pas en l’air. Le Max devient le plus performant, avec 184,8 yards de carry et 219,1 yards au total (169 et 200 mètres environ), soit près de 13 yards de carry de plus que le standard, et une trajectoire qui, selon le testeur, ne quittait presque jamais l’axe. Fait intéressant, le Max ne doit pas cet avantage à un spin plus élevé : il tourne même un peu moins que le standard (2 111 contre 2 276 tr/min). La différence vient de son lancement (11,5° contre 9,3°) et d’une hauteur maximale de 46 pieds contre 34. Le problème n’est donc pas que le LS serait un mauvais driver, mais que cette configuration ne fournit pas les conditions de lancement nécessaires à un joueur de cette vitesse.

Le Max, à l’inverse, ne doit pas être choisi en se contentant de prendre le loft le plus élevé. John Barba, chez MyGolfSpy, swingue à environ 91 mph, une vitesse courante chez les amateurs. Avec le Max réglé à 9°, il trouve la trajectoire beaucoup trop haute. En abaissant le loft à 7,5°, le minimum autorisé par la bague de réglage, il obtient un comportement nettement plus efficace en distance. Même pour un joueur à vitesse modérée, une tête très tolérante et très lanceuse peut donc demander un loft bien plus faible qu’attendu. Chez Rick Shiels, à plus de 110 mph, le Max offre de son côté la dispersion la plus resserrée des trois têtes, au prix d’une partie de la distance. Il peut ainsi intéresser un joueur rapide qui privilégie la stabilité, à condition d’accepter ce compromis.

L’expérience de MyGolfSpy avec le LS montre à quel point les réglages peuvent modifier l’interprétation d’un essai. Avec le poids lourd placé à l’avant, John Barba avait besoin d’au moins 10,5° de loft pour produire suffisamment de spin. En transférant ce poids vers l’arrière et en réglant la tête à 10°, il obtient un driver à la fois régulier et long. Selon MyGolfSpy, inverser les poids du LS augmente le spin d’environ 180 tr/min et élève le lancement. Le changement constaté par Barba résulte toutefois d’une combinaison de réglages, puisque le loft a également été modifié. Cela confirme l’intérêt d’un fitting plutôt que la supériorité d’une position de poids particulière.

Le modèle standard dispose lui aussi de possibilités d’ajustement, avec des masses de 10 grammes au talon et de 4 grammes en pointe, dont les positions peuvent être inversées. Srixon annonce jusqu’à 15 yards de variation de trajectoire droite-gauche avec certaines configurations de poids optionnels. Cette amplitude constitue une revendication du fabricant, pas une correction garantie pour chaque joueur. Elle rappelle surtout qu’un driver moderne ne se résume plus à une tête et à un shaft : ses réglages participent directement au résultat.

Le retour d’expérience de Mark Crossfield : quand le parcours contredit le simulateur

Parmi les témoignages réunis, celui de Mark Crossfield se distingue parce qu’il dépasse la découverte du matériel. Crossfield joue depuis plusieurs mois avec un ZXi RKT LS de 8° ajusté à 9°. Il connaît donc les réactions de cette tête au-delà d’une séance d’essai, et son analyse porte autant sur la performance quotidienne que sur les meilleurs chiffres obtenus devant un écran.

Il souligne un problème fréquent avec les drivers à très faible spin. Au simulateur, un joueur peut être séduit par quelques frappes exceptionnelles, dont la trajectoire tendue et la roule importante donnent une impression de puissance. Mais lorsque le contact s’éloigne du centre de la face, le spin peut devenir insuffisant pour maintenir la balle en l’air. Le coup qui semblait optimal sur une frappe parfaite perd alors beaucoup de distance. Sur un parcours, où les conditions changent et où les impacts ne se répètent jamais exactement, cette fragilité peut annuler le bénéfice des quelques mètres gagnés au practice. Il note d’ailleurs que le LS de cette génération ne descend pas aussi bas en spin que les anciens modèles du genre, ce qu’il considère comme une bonne chose.

Crossfield observe aussi que les performances du LS et du standard restent proches dans son jeu. Il s’interroge même sur sa propre tendance à considérer le LS comme plus long, parce que les chiffres vus en intérieur l’ont conditionné à s’attendre à ce résultat. Cette réflexion est précieuse : elle montre qu’un testeur expérimenté peut lui aussi chercher sur le parcours la confirmation de ce qu’il a cru observer au simulateur.

Pour le golfeur amateur, la conséquence est simple. Le bon driver n’est pas nécessairement celui qui produit la balle la plus longue d’une séance. C’est celui qui conserve une trajectoire exploitable lorsque la frappe est légèrement haute, basse, en pointe ou au talon. À ce titre, la régularité du spin et la capacité à préserver une distance suffisante sur les coups ordinaires sont souvent plus utiles que la recherche du spin le plus bas possible.

Acousticore : un son qui divise, surtout sur la tête standard

Srixon a également travaillé la sonorité de ses nouveaux drivers avec Acousticore, un système de nervures internes conçu pour modifier les vibrations de la tête à l’impact. Le fabricant met en avant l’utilisation d’outils de conception assistée par intelligence artificielle, mais le résultat reste soumis à une appréciation très personnelle. Un son sec et métallique peut être perçu comme puissant par un joueur et désagréable par un autre. Il faut donc distinguer le travail acoustique réalisé par la marque de la préférence exprimée par les testeurs.

George Stead, chez Golfalot, décrit le ZXi RKT standard comme « louder, higher pitched and a bit tinny », plus sonore, plus aigu et légèrement métallique, au point de le comparer au Ping G425, réputé pour être l’un des drivers les plus bruyants. Il ne retrouve pas l’amélioration acoustique annoncée et préfère les sensations de son propre Titleist GTS4, voire du TaylorMade Qi4D. Andy Hayes formule une réserve comparable chez Plugged In Golf : malgré son enthousiasme pour la distance et la précision, il trouve le son et le toucher en retrait, et estime que « Srixon may have sacrificed some sound and feel for better performance ». Michael Newton et Golfshake jugent eux aussi le modèle standard plus sonore ou plus métallique que les deux autres têtes.

Les avis sont nettement plus favorables sur le LS et le Max. Michael Newton préfère le son du Max, Golfshake celui du LS, et Mark Crossfield se montre très enthousiaste à propos de son LS. Rick Shiels, lui, apprécie à la fois le standard et le LS. MyGolfSpy va plus loin en qualifiant cette gamme de « best sounding/feeling drivers Srixon has launched in at least the past decade », tout en précisant que Srixon a « (mostly) » corrigé le problème. Il n’existe donc pas de consensus défavorable. En revanche, les critiques se concentrent sur la tête standard, tandis que le LS et le Max recueillent l’essentiel des éloges.

Cette diversité des appréciations a une conséquence pratique. Un golfeur convaincu par les chiffres du RKT standard peut ne pas apprécier sa sonorité, alors qu’il pourrait préférer le LS ou le Max. Le choix d’un driver engage aussi la confiance et le confort à l’adresse. Un club performant que son propriétaire n’aime pas regarder ou entendre risque de ne jamais devenir son véritable driver de jeu.

Un tarif de grande marque pour un fabricant qui reste challenger

Le positionnement commercial du ZXi RKT mérite lui aussi d’être examiné. En France, les trois drivers sont annoncés à 679 euros, avec une commercialisation lancée début octobre 2026 ; certains détaillants le proposent déjà autour de 610 euros. Golfalot indique un prix de 569 livres sterling au Royaume-Uni, pouvant atteindre 679 livres selon la configuration, et MyGolfSpy mentionne un tarif américain de 649,99 dollars. Selon Golfalot, le RKT est ainsi plus cher que le TaylorMade Qi4D et que les drivers de Cobra, Wilson ou Mizuno. Srixon ne cherche donc pas à attirer les acheteurs par un prix plus doux que celui des références du marché : la marque revendique un positionnement haut de gamme.

George Stead estime d’ailleurs que le RKT se défend sur les données de performance, mais qu’il ne supplante ni son GTS4 ni même le Qi4D en matière de vitesse, de son et de sensations. Il y voit davantage un perfectionnement du ZXi qu’un changement majeur : « more like a refinement than a leap forward ». Ce jugement contraste avec celui d’Andy Hayes, qui a immédiatement adopté le nouveau driver. Les deux conclusions ne sont pas contradictoires : elles illustrent la difficulté de désigner un vainqueur universel dans une catégorie où l’adéquation entre le club et le joueur reste déterminante.

Pour Srixon, l’enjeu dépasse donc la seule qualité du produit. La marque doit convaincre des golfeurs qui possèdent parfois déjà un driver récent, correctement réglé et dont ils connaissent parfaitement le comportement. Dans cette situation, un gain de quelques yards observé chez un autre joueur ne constitue pas un argument d’achat suffisant. La question est de savoir si le RKT corrige un problème réel : un spin excessif, une trajectoire irrégulière, une dispersion trop importante ou une mauvaise exploitation de la vitesse disponible.

Un propriétaire de ZXi 2025 qui produit trop de spin a une raison concrète d’essayer le RKT, puisque Golfalot a précisément mesuré une amélioration sur ce point. Un joueur qui manque de hauteur pourra davantage s’intéresser au Max, sans exclure un ajustement du loft ou du shaft. Celui qui cherche une trajectoire plus tendue pourra comparer le standard et le LS, sans présumer que le second sera automatiquement le plus long. Quant au golfeur déjà satisfait de son driver actuel, les données disponibles ne fournissent pas de raison générale de le remplacer.

Ce qu’il faut réellement comparer pendant un fitting

L’intérêt d’un fitting ne consiste pas simplement à essayer les trois têtes et à conserver celle qui produit le drive le plus long. Il s’agit d’examiner les conditions de lancement, la hauteur maximale, le spin, le carry, la dispersion latérale et les distances obtenues sur les frappes imparfaites. Le réglage du loft mérite autant d’attention que le choix du modèle, notamment sur le LS et le Max. Les poids ajustables du LS et du standard permettent ensuite d’affiner le comportement de la tête, tandis que le repère visuel d’alignement doit être vérifié pour éviter de modifier involontairement le point d’impact.

Une comparaison utile devrait réunir au moins dix à quinze frappes représentatives avec chaque configuration retenue, en conservant les coups ordinaires plutôt qu’en sélectionnant uniquement les meilleures balles. L’idéal est de comparer le RKT au driver actuel du joueur, avec une balle identique et dans des conditions aussi proches que possible. Une fois les résultats obtenus, le critère décisif n’est pas nécessairement la distance maximale, mais le compromis entre distance moyenne, régularité et dispersion.

Le choix du shaft intervient naturellement dans cette démarche. Chaque tête est livrée avec un shaft de série différent, de la famille Mitsubishi Kai’li Dark Waves, et une tête Max montée sur un shaft léger peut produire des résultats très différents de ceux obtenus avec une configuration plus lourde. Srixon propose notamment une version allégée du Max, en 12° et pour droitiers uniquement, équipée d’un Bassara d’environ 40 grammes pour les joueurs qui recherchent davantage de légèreté. Mais la légèreté ne garantit pas à elle seule une augmentation de vitesse ou une amélioration du contact. Le poids total, l’équilibre et la façon dont le joueur contrôle le club doivent être considérés ensemble.

Verdict MyGolfMedia : une évolution plus intéressante que son argument commercial

Le Srixon ZXi RKT 2026 présente un paradoxe. Sa principale promesse commerciale concerne la vitesse de balle, alors que le seul comparatif direct avec le ZXi 2025 ne montre aucune progression sur cet indicateur. En revanche, ce même essai révèle une réduction importante du spin, un gain de distance et une amélioration remarquable de la régularité des distances. Les observations de Plugged In Golf renforcent l’intérêt porté à la précision et au comportement de la face sur les frappes décentrées, même si elles concernent un joueur de très bon niveau.

Les essais des trois têtes montrent également que le choix du modèle et de ses réglages pèse lourd dans le résultat. Le LS peut produire des distances impressionnantes chez un joueur rapide, mais devenir trop pauvre en spin à vitesse réduite. Le Max convient à un golfeur dont la vitesse est modérée, à condition de ne pas négliger le réglage du loft, et peut aussi intéresser un joueur puissant qui privilégie la stabilité à la distance. Le standard apparaît polyvalent, sans être automatiquement le meilleur compromis pour tous, et c’est aussi la tête dont la sonorité divise le plus. L’expérience de Mark Crossfield rappelle enfin qu’une configuration séduisante au simulateur doit conserver ses qualités lorsque les impacts deviennent moins réguliers sur le parcours.

Srixon n’a donc pas nécessairement créé un driver révolutionnaire. La marque semble surtout avoir amélioré la capacité de sa gamme à répondre à des besoins différents, avec une nouvelle face performante et des possibilités de réglage suffisamment importantes pour modifier sensiblement les trajectoires. Le progrès est intéressant, mais son ampleur dépendra de la configuration comparée et du joueur qui tient le club.

Pour un golfeur qui possède déjà un driver récent, correctement adapté à son swing, le ZXi RKT ne constitue pas un remplacement indispensable. Pour celui dont les trajectoires manquent de cohérence ou dont le spin pénalise la distance, il mérite en revanche une place dans une séance de fitting comparative. La meilleure raison de l’acheter ne sera pas d’avoir gagné quelques mètres sur une frappe exceptionnelle, mais d’obtenir plus souvent la distance et la trajectoire attendues.

Sources

Les sept essais utilisés pour cette synthèse :

  1. John Barba — MyGolfSpy, « Is This The Year Srixon Makes The Driver Leap? », 22 septembre 2026. Présentation technique, premières mesures et observations sur les réglages des trois modèles.
  2. George Stead — Golfalot, « Srixon ZXi RKT Driver Review », 22 septembre 2026. Comparaison GCQuad entre les générations ZXi 2025 et ZXi RKT 2026 : vitesse, spin, distance et régularité. https://golfalot.com/equipment-review/srixon-zxi-rkt-driver-review
  3. Andy Hayes — Plugged In Golf, « Srixon ZXi RKT Driver Review », 22 septembre 2026. Essai du modèle standard, mesures de performance, sensations et échanges avec les lecteurs. https://pluggedingolf.com/srixon-zxi-rkt-driver-review/
  4. Rick Shiels — YouTube, « Rick Shiels Tests the BRAND NEW 2026 Srixon Drivers! ». Essai comparatif des têtes standard, LS et Max : distance, spin et dispersion.
  5. Michael Newton — YouTube, « These New Srixon Drivers Are VERY Different | Srixon ZXi RKT ». Essai comparatif des trois têtes : données de lancement et appréciation des sensations.
  6. Golfshake — YouTube, « NEW Srixon ZXi RKT Drivers Review | Which One Is Right For You? ». Essai des trois têtes à vitesse habituelle et à vitesse réduite (environ 85 mph).
  7. Mark Crossfield — YouTube, « I Have FINALLY Found The Perfect Driver ». Retour d’expérience sur le ZXi RKT LS joué pendant plusieurs mois et comparaison avec le standard, au simulateur et sur le parcours.

Par Laurent Agostini

Journaliste spécialisé golf depuis 2010, Laurent Agostini est le fondateur de MyGolfMedia, média indépendant publié en huit langues. Il couvre le PGA Tour et le DP World Tour, et s'intéresse avant tout à ce que les données disent vraiment : tests de matériel, biomécanique du swing, statistiques des circuits, destinations de golf. Il est l'auteur de « Tiger Woods, l'homme aux deux visages » (Solar, 2018) et de la série « Penser avant de swinguer », dont le premier tome s'est classé n°1 des livres de golf sur Amazon France en 2026. Sa ligne éditoriale : indépendant, factuel, utile. Pas de communiqués recopiés, pas de promesses marketing reprises sans vérification.

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